Rencontre avec Monsieur Erwan Balanant, député, vice-président de la Commission des lois, et auteur d’une loi adoptée en février 2022 qui vise à renforcer la protection des victimes de harcèlement scolaire.

Erwan Balanant

Monsieur Erwan Balanant est député de la 8ème circonscription du Finistère depuis 2017. Il a été réélu en 2022 pour un second mandat. Engagé pour la défense des enfants, Monsieur Erwan Balanant est l’auteur d’une loi qui vise à protéger les enfants et à lutter contre le harcèlement scolaire.

Il est assisté par une équipe composée de Madame Fabienne Le Calvez, suppléante, ainsi que trois collaboratrices parlementaires à Paris et en circonscription.

Pour l’association patrimoine commun et le site aijedroit.com, Monsieur Erwan Balanant répond aux questions posées par les enfants sur la fonction de député, le harcèlement et l’accès au droit des enfants.

Pourriez-vous nous dire quel métier vous souhaitiez exercer quand vous étiez enfant ? Rêviez-vous déjà d’être député ?

Comme tous les enfants, je n’avais pas encore d’idée précise de ce que je voulais faire plus tard. Je savais que je voulais aider et être utile, mais j’étais loin d’imaginer que je deviendrai député. Quand on est enfant on joue et on s’amuse à rêver qu’on deviendra astronaute ou policier… On change d’avis chaque semaine et on s’imagine faire de nombreux métiers sans vraiment se projeter sur un métier précis. Je me souviens que j’ai voulu être pompier. Ensuite, j’ai voulu être avocat, puis journaliste. Autrement dit, comme beaucoup d’enfants j’ai voulu faire mille métiers. Et c’est normal. En effet, je pense qu’il est assez rare qu’un enfant ait envie de faire un seul métier. Et cela se confirme lorsque les jeunes doivent choisir leur orientation. Il faut un peu de maturité et de recule pour se projeter concrètement sur un métier. Il faut donc que les enfants se rassurent s’ils ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire plus tard. La plupart des personnes ont besoin de temps pour définir ce qu’elles veulent faire.

Aimiez-vous les études ? Pourriez-vous nous expliquer quelles études vous avez suivies ?

Oui, j’ai toujours aimé apprendre. J’ai mis du temps avant de travailler et j’ai étudié longuement. Passionné par l’histoire et l’art, j’ai passé une maitrise d’histoire (master 1). Ensuite j’ai étudié l’histoire de l’art, puis le droit. J’ai également suivi des études en art auprès de l’école du Louvre.

J’ai toutefois dû faire une pause dans mes études en raison du service militaire.

Après, j’ai repris mes études dans un domaine qui me passionnait, à savoir l’univers de l’image, du design, et des multimédias. C’était le début d’internet et j’avais une passion pour l’architecture et le design. J’ai donc décidé d’intégrer l’école nationale supérieure de création industrielle (ENSI). L’ENSI lançait une formation en design numérique et j’ai fait partie des premières personnes à bénéficier de cette formation. J’ai obtenu un Master 2 « Master of art in interactive design » en partenariat avec l’ENSI, le Royal College of London et une université de Dublin.

Après l’obtention de ce diplôme, j’ai rejoint le monde du travail… sans pour autant m’éloigner des études, puisque l’on m’a proposé d’enseigner aux promotions d’étudiants qui m’ont succédées. Au vu de mon goût pour les études, j’ai immédiatement accepté cette proposition, et je garde un excellent souvenir de cette période pendant laquelle j’ai pu transmettre ce que l’on m’avait appris.

Malgré votre goût pour les études, avez-vous rencontré des difficultés ? Quels conseils donneriez-vous aux enfants qui trouvent les études compliquées et pensent qu’ils ne sont pas faits pour les études ?

Je veux les rassurer. Il est parfois difficile d’apprendre. Tout le monde n’apprend pas au même rythme. Et puis tout le monde n’apprend pas de la même façon. Certains ont besoin de lire, d’autres de voir, d’autres de s’exercer. L’intelligence est multiple. Et malheureusement, l’école ne permet pas toujours de s’adapter aux besoins de chaque enfant. Le fait de ne pas comprendre tout de suite ne veut pas dire qu’ils ne sont pas capables d’apprendre. Ils ont peut-être besoin d’apprendre autrement ou de prendre plus de temps pour s’exercer et comprendre. Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide ou à prendre des cours de soutien. Tous les enfants sont capables d’apprendre et de comprendre.

Les notes sont parfois très mal vécues par les enfants. Ils se sentent stigmatisés. Je trouve cela malheureux, car on peut avoir une mauvaise note sans être mauvais. Une note ne révèle que le fait qu’on ait réussi un exercice ou non. Si un enfant a une mauvaise note, il ne doit pas penser qu’il est mauvais, cela veut simplement dire qu’il doit travailler et s’exercer pour progresser.

Pour ma part, j’ai eu des difficultés à certains moments de ma scolarité. J’ai donc demandé de l’aide et en travaillant j’ai réussi à progresser. Un élève peut par exemple demander à un autre élève de l’aider, ou à un proche. Je peux affirmer que cela a fonctionné pour moi, j’ai progressé et repris goût aux études. Il n’y a donc pas de fatalité et il faut croire en soi et en ses capacités.

Vous êtes actuellement député, pourriez-vous nous indiquer quel est votre parcours professionnel en dehors de la politique ?

Mon parcours professionnel a été guidé par ma passion pour l’art, les médias et l’image.

Comme je l’indiquais, j’ai enseigné dans le Master que j’avais suivi en donnant des cours aux étudiants de l’ENSI.

Ensuite, j’ai exercé en tant que travailleur indépendant dans la création de sites internet. A cette époque il y avait peu de sites et la plupart des entreprises n’avait pas encore de site internet. Je travaillais également sur l’image et la vidéo, et ce domaine est progressivement devenu mon activité principale.

En tant que photographe et réalisateur, je travaillais notamment pour des maisons de disques. J’ai ainsi eu le plaisir d’accompagner plusieurs artistes français tels que Florent Pagny, Elsa Lunghini, Da Silva, Berry, ou encore Marc Lavoine, notamment pour la réalisation de clips ou spectacles.

En parallèle de cette activité auprès des maisons de disques, j’avais une réflexion artistique sur l’image et je travaillais avec une compagnie de théâtre sur la scénographie. Cette réflexion artistique m’a notamment conduit en 2017 à exposer à la Villa des Arts un travail documentaire sur les femmes en situation de grande précarité mené en collaboration avec la journaliste Éloïse Bouton pour l’association Agir pour la santé des femmes. Ce travail est intitulé « À la rencontre des femmes oubliées ».

Avez-vous des engagements associatifs ?

Oui, j’ai présidé une association intermédiaire d’économie sociale et solidaire de 2010 à 2017, date à laquelle je suis devenu député. Cet engagement était lié à mon rôle d’élu local. L’association a pour objet de créer du lien entre des personnes en recherche d’emploi et des entreprises.

Concrètement, l’association emploie des personnes éloignées de l’emploi qui ont besoin d’être accompagnées et leur permet de se former et d’acquérir de l’expérience pour qu’elles puissent ensuite trouver un travail dans une entreprise.

Je garde un excellent souvenir de cette expérience. Aider les autres à progresser et à avancer me semble être la base de l’engagement politique et citoyen.

Pensez-vous que l’engagement associatif peut aider les jeunes ?

Oui, je crois beaucoup aux vertus de l’engagement associatif et j’encourage tous les jeunes à créer ou intégrer des associations. Par exemple dans les établissements, il y a des associations qui permettent aux jeunes d’entreprendre et de lancer des projets.

Il y a également des associations qui permettent aux jeunes de défendre les causes auxquelles ils sont sensibles et d’aider les autres.

Il me semble que le bénévolat est une bonne façon de s’engager et de développer ses qualités humaines. Je pense même que l’engament associatif des jeunes devrait être valorisé sur le plan scolaire, puisqu’il est très formateur. Il permet notamment de développer l’empathie qui est une valeur importante pour vivre ensemble.

Comment a commencé votre engagement politique pour le droit et les enfants ?

En 2008, j’ai été élu et j’ai rejoint le conseil municipal de Quimperlé comme adjoint en charge de la communication et de la vie citoyenne.

C’est là que j’ai mis en place le premier conseil municipal des jeunes de la commune.

C’est probablement de là que vient mon intérêt et mon engagement pour la jeunesse, le droit des enfants, l’éducation civique et citoyenne. Savoir comment on accompagne les enfants à devenir des citoyens est pour moi un sujet crucial et l’une des missions prioritaires de nos démocraties. Notre rôle est de faire des citoyens, et surtout des citoyens capables d’enrichir et de participer à la démocratie.

Cela implique donc d’apprendre aux jeunes comment fonctionne une démocratie, le droit, la politique. Sur ce point, l’histoire tient un rôle important. Toutefois, il faut compléter cet apprentissage en intégrant l’apprentissage de l’empathie, le droit et la citoyenneté au cursus scolaire.

Quelle a été la suite de votre parcours en politique et comment êtes-vous devenu député ?

Après avoir été conseillé municipal, j’ai eu la chance de devenir conseiller de Monsieur François Bayrou lors des élections présidentielles de 2012. Puis, en 2014, j’ai créé une liste citoyenne lors des élections municipales de Quimperlé et je suis devenu conseiller municipal de la ville et de Quimperlé communauté.

Après une dizaine d’année d’engagement politique, j’ai voulu devenir député pour pouvoir participer à l’élaboration des lois et faire progresser le droit, notamment la protection des mineurs. En 2017, j’ai été élu député de la 8ème circonscription du Finistère. J’ai été réélu pour un second mandat en 2022.

En tant que député,  je suis commissaire aux lois et membre de la délégation aux droits des enfants.

Ces fonctions me permettent d’agir pour des causes qui me sont chères. J’ai la volonté d’être utile aux autres, de faire progresser l’égalité entre femmes et hommes et d’améliorer la protection des enfants.

Pourriez-vous nous expliquer quelles sont les missions d’un député ?

Il est impossible de résumer les missions d’un député. Il existe de nombreuses missions et tous les députés ne font pas exactement la même chose. Par exemple certains députés sont dans des commissions et travaillent sur un thème précis.

On peut dire qu’un député a trois grandes missions :

  • Faire les lois,
  • Contrôler l’action du gouvernement,
  • Evaluer les politiques publiques.

Il y a de multiples façon d’exercer son mandat selon les sujets sur lesquels on travaille.

Par exemple, j’ai travaillé sur le sujet du harcèlement avec d’autres députés. Nous avons notamment travaillé sur les différents types de harcèlement. En effet, le harcèlement est partout, au travail, en famille, dans la rue et à l’école.

C’est dans ce cadre que j’en suis venu à la conclusion que pour lutter contre le harcèlement on devait commencer par aborder ce sujet dès l’école.

En tant que député, vous êtes à l’origine de la loi qui a pour objectif de protéger les enfants contre le harcèlement, pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous avez voulu lutter contre le harcèlement scolaire et nous expliquer cette loi ?

Comme je l’ai indiqué, j’ai travaillé sur le sujet du harcèlement et j’en suis venu à la conclusion que la lutte contre le harcèlement devait commencer dès l’école.

En effet, je suis convaincu que le premier droit des enfants est le droit de venir à l’école sans crainte.

Or, la première crainte exprimée par les enfants est celle de subir des moqueries, des insultes, ou des violences.

Plus d’un élève sur dix est victime de harcèlement. Ce chiffre fait peur.

En tant que député, je suis aussi au service des enfants, et j’ai donc décidé d’agir pour les protéger.

Dans cette loi il y a trois piliers qui ne peuvent fonctionner qu’ensemble. Tout le monde a retenu le délit pénal de harcèlement qui a été créé par cette loi. Toutefois, il ne s’agit que d’un pilier, et l’objectif de cette loi est d’avantage d’éviter le harcèlement scolaire que de condamner des jeunes.

  • Le premier pilier est celui de la prévention.

Nous avons inscrit dans le code de l’éducation nationale le droit à une scolarité paisible, sans violence et sans harcèlement scolaire.

Nous avons également inscrit l’obligation pour les établissements d’enseignement de mettre en œuvre des moyens de prévention et des protocoles de résolution des conflits.

  • Le second pilier est l’accompagnement.

Il s’agit de l’accompagnement des victimes et des auteurs de harcèlement. Il est en effet essentiel de travailler avec eux, que ce soit pour aider la victime à surmonter ce qu’elle a subi, ou échanger avec l’auteur de harcèlement pour qu’il change de comportement et éviter que les faits ne se reproduisent.

L’accompagnement passe également par une formation des professionnels de l’enfance qui reçoivent désormais une formation sur le harcèlement.

  • Le troisième pilier est la protection.

Il s’agit de la création d’une sanction pénale. Le harcèlement est désormais qualifié de délit. Le premier objectif de ce délit n’est pas de sanctionner les auteurs, mais de les alerter sur la dangerosité du harcèlement. La sanction pénale vise avant tout à faire de la prévention en dissuadant les personnes de harceler d’autres personnes. Le code pénal est le code des interdits. Dès lors que le harcèlement est inscrit dans le code pénal, cela permet d’affirmer que le harcèlement est interdit. L’aspect pénal est également intéressant sur le plan de l’éducation au droit. Il permet d’expliquer par un cas concret ce qu’est un délit, de le différencier d’une contravention ou d’un crime.

En résumé, cette loi vise à faire de la prévention et à lutter contre le harcèlement à l’école, un peu comme cela se fait en entreprise. En effet, les entreprises, comme les écoles, ont l’obligation de mettre en place les moyens de prévenir le harcèlement et doivent agir pour aider les victimes de harcèlement dès qu’elles en sont informées. Et de la même manière, les auteurs de harcèlement, que ce soit au travail ou à l’école, peuvent être sanctionnés.

L’école permet de former les adultes de demain et de leur enseigner les bons comportements, il est donc logique de prévenir et de lutter contre le harcèlement de la même façon à l’école qu’au travail, ce qui évitera que les adultes de demain harcèlent leurs collègues de bureau.

Auriez-vous un conseil pour les jeunes qui sont victimes de harcèlement ?

Oui, je veux leur dire qu’il faut en parler. Il ne faut pas garder cela pour soi. Plus tôt ils parleront et plus tôt il sera possible d’agir pour faire cesser le harcèlement.

Les adultes sont là pour les aider et ils ne doivent pas avoir peur de parler.

Ils peuvent parler à leurs parents, à des enseignants ou à toute personne de confiance.

L’important est de prendre la parole immédiatement et de ne pas attendre que cela soit insupportable, car les conséquences du harcèlement sont graves.

Tous les enfants ont le droit d’être respectés et de ne pas subir de moqueries, d’insultes ou de violences. Il faut dire stop et en parler à un adulte dès que cela arrive.

Quelle est selon vous la place de l’empathie dans notre société ?

L’empathie est importante, notamment pour lutter contre le harcèlement. Je crois profondément à cette valeur, raison pour laquelle je suis favorable à l’éducation à l’empathie à l’école. Concrètement, l’empathie est la capacité à s’identifier à autrui et à comprendre ce qu’il ressent. Elle est à la base de la vie en groupe et de la société. Elle permet aux jeunes de s’interroger sur l’impact de leurs mots ou de leur comportement. Elle permet de développer une capacité d’altruisme, de s’intéresser aux autres et d’agir pour aider les autres.

Quoi qu’on en dise, la vie en société, ce n’est pas être égoïste, même s’il arrive que nous n’ayons pas tous les mêmes envies ou objectifs. La vie en société, c’est faire ensemble et vouloir le bien de tous.

Et il faut être réaliste, chaque jour nous nous rendons toutes et tous service. Par exemple, lorsque l’on travaille, on rend service à d’autres personnes. Et il n’y a pas que les médecins et les pompiers qui rendent service aux autres. Lorsqu’un boulanger fait une baguette de pain, il rend service à ceux qui la mangeront.

La majorité de nos actes rend service aux autres. La société telle qu’elle existe nous permet d’œuvrer ensemble pour que chacun bénéficie du travail des autres, et cela est bénéfique pour toutes les personnes.

Il est donc important de rappeler aux jeunes que la majorité de nos relations sont positives et que s’intéresser aux autres nous est bénéfique. Et l’école est le lieu idéal pour apprendre aux jeunes à écouter et à se préoccuper des autres.

L’école n’est pas qu’un lieu de compétition où il faudrait avoir les meilleures notes.

L’école doit être un lieu de formation à ce qui deviendra la vie d’après, en terme de citoyenneté, d’apprentissage, mais aussi de comportement dans un collectif.

Je crois à la vertu de la collaboration et du travail en groupe. Travailler ensemble, en équipe et avoir une note commune pour le groupe permet d’ouvrir les jeunes sur le faire ensemble et évite la stigmatisation des notes individuelles.

Cela permet aux jeunes d’apprendre à travailler en complémentarité, à s’organiser, à coopérer, et à débattre pour s’accorder sur la façon de faire ensemble. Cela les aide également à gagner en autonomie, puisqu’ils doivent s’auto gérer, et à être acteur de leur éducation.

Des cours d’empathie ont été mis en place à l’école, pensez-vous que l’enseignement de la médiation peut aider à développer l’empathie ?

Je pense qu’il est important que les enfants soient sensibilisés à la vie en communauté dès le plus jeune âge. C’est pour cela que je crois en l’importance de l’empathie. L’enseignement de l’empathie est simple à mettre en œuvre et les jeunes peuvent aisément comprendre pourquoi il est important de se soucier des autres. Je pense également qu’il est important d’expliquer aux jeunes comment communiquer de façon calme et sans violence.

Je trouve intéressant de rappeler aux jeunes qu’il ne faut pas faire usage de la violence pour régler les problèmes et de leur enseigner comment ils peuvent régler des litiges sans violence. Toutefois, je pense qu’il peut être compliqué de demander à des enfants de se positionner en médiateur.

Le médiateur doit être un tiers. Or, les enfants font partie de l’école et il peut être compliqué pour eux de devoir régler les problèmes de leurs camarades.

Par contre, il est intéressant de les former à la démarche et la médiation peut être efficace si elle est réalisée par un adulte qui aide les enfants à régler leurs problèmes.

D’une certaine façon, c’est déjà le rôle du personnel éducatif de l’école qui intervient lorsqu’il y a un conflit entre jeunes.

Par ailleurs, tout ne peut pas se résoudre par la médiation. Il y a des hypothèses dans lesquelles le recours à un juge reste nécessaire. Par exemple, lorsqu’une personne est victime de faits graves, il est difficile d’envisager que tout puisse se régler par un échange avec son agresseur.

Au demeurant, le droit nécessite des compétences particulières et il est important que les professionnels du droit conservent leur rôle en matière de défense des mineurs, même lorsqu’une médiation est mise en place.

Pensez-vous que tous les enfants doivent avoir accès au droit et être informés de leurs droits ? Croyez-vous qu’il serait intéressant que les enfants soient formés au droit dès l’école pour connaître leurs droits ?

Absolument, j’en suis convaincu. Sauf pour celles et ceux qui font de longues études, les jeunes ne sont quasiment pas formés au droit. Je pense qu’il est important de sortir le droit de l’université et de l’enseigner aux enfants au collège, au lycée, voir même dès l’école.

D’ailleurs, le droit est déjà enseigné, mais on ne dit pas explicitement qu’il s’agit de droit. Par exemple, quand on parle de harcèlement, on parle de droit. Ou quand on parle d’éducation à la sexualité et de consentement, on parle de droit.

Il est donc possible d’enseigner le droit, même à de jeunes enfants.

Pensez-vous que des cours d’éducation juridique et civique pourraient développer l’accès au droit et l’engagement citoyen des jeunes ?

Oui, je crois qu’il faut les former au droit le plus tôt possible et que cela peut aider à comprendre les valeurs citoyennes. Les enfants aiment comprendre et sur ce point le droit peut les aider à comprendre la vie en société. D’ailleurs, les enfants sont confrontés au droit dès qu’ils entrent à l’école puisqu’il y a des règles et un règlement intérieur.

Je pense que le droit peut leur permettre de comprendre pourquoi on fait des règles, ou que les lois servent avant tout à les protéger.

Je crois également qu’il faut les familiariser au droit jeunes pour qu’ils aient le réflexe de se renseigner sur leurs droits et soient en capacité d’agir si besoin.

Que pensez-vous que l’apprentissage ludique du droit dès l’école comme le fait notre association ?

L’approche pédagogique doit nécessairement être adaptée pour les enfants, surtout lorsqu’ils sont jeunes. Il me semble que le droit est trop souvent vu sous l’angle de la répression et qu’il est intéressant que les jeunes aient une vision positive du droit et de leurs droits. Surtout que le droit n’est pas que le droit pénal. L’approche ludique apparait intéressante et permet d’apprendre tout en s’amusant.

Le fait que les intervenants de votre association soient des professionnels du droit apparait également très important. En effet, s’agissant du droit, il faut avoir certaines connaissances et compétences pour ne pas faire d’erreurs et pour pouvoir répondre correctement aux questions des élèves.

Que pensez-vous du Parlement des enfants, est-ce une bonne façon de s’initier au droit et à la politique ?

Oui, je trouve qu’il s’agit d’une très bonne expérience pour les jeunes. Cela leur permet de mieux comprendre le droit et comment on fabrique une loi. Et en plus, cela leur permet d’agir et de proposer une loi. Pour celles et ceux qui veulent améliorer certaines choses, c’est une belle occasion de s’exprimer et d’agir pour le bien commun.

Cela peut permettre à des jeunes de découvrir le monde des lois et peut être de leur donner envie de s’engager en politique comme moi.

Quels conseils donneriez-vous à des enfants qui voudraient suivre votre exemple et s’intéressent aux métiers de la politique ?

Je leur dirais qu’il est important de s’engager, que ce soit dans des associations ou en politique. Pour celles et ceux qui le souhaitent il y a de nombreuses façon d’agir pour aider les autres. La politique est un domaine intéressant. Ils peuvent être élu local comme je l’ai été et agir sur leur commune, ou devenir député et voter les lois. Il n’y a pas de parcours type pour être élu et il y a une grande diversité de personnes.

Dès lors, peu importe qui l’on est et d’où l’on vient, l’important c’est de s’engager et d’être sincère.

Pour celles et ceux qui voudraient suivre mon parcours, je leur conseille de commencer en s’engageant localement pour découvrir la politique. Et si cela leur plait, ils pourront envisager d’être député tout comme moi.

Auriez-vous un conseil pour les jeunes qui s’interrogent sur leurs compétences et leur avenir professionnel ?

Je tiens à dire aux jeunes qu’ils sont l’avenir. Nous croyons en eux et en leurs capacités. Ils doivent se faire confiance. Ils ont des capacités et des ressources qu’ils n’imaginent pas.

Au besoin, il ne faut pas hésiter à se faire aider pour progresser. L’important est qu’ils s’autorisent à rêver, à développer des passions, et à faire des choses qu’ils aiment.

On est souvent sa propre limite, il faut donc ne pas se censurer et croire en soi. Il n’y a pas qu’un seul chemin pour réussir sa vie et l’essentiel est d’être heureux de qui l’on est et de ce que l’on fait, sans chercher à ressembler à un modèle de réussite.

Comment pouvons-nous vous contacter ?

En tant que député, il est possible de me contacter directement à l’assemblée nationale ou à ma permanence pour prendre un RDV.

Assemblée Nationale : 126 Rue de l’Université 75355 Paris 07 SP

Permanence : 40 Rue Bayard 29900 Concarneau

Je suis également joignable par téléphone.

Téléphone fixe : 02 98 53 89 35

Adresse e-mail : erwan.balanant@assemblee-nationale.fr

Pour aller plus loin :

Site internet de Monsieur Erwan Balanant

https://erwanbalanant.com

Inscrivez vous à la Newsletter!

Votre adresse email ne sera jamais transmises à des tiers et vous recevrez uniquement des informations en lien avec le contenu éditorial du site. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Un site participatif

Notre objectif est de réaliser un site participatif et collaboratif. Ainsi, dès la conception de ce site, nous avons sollicité des élèves de collèges et lycées pour cerner leurs attentes et y répondre. Nous avons également fait appel à des enseignants, et des professionnels du droit pour élaborer le contenu du site en collaboration avec les élèves. Chaque étape du développement de ce site fait l’objet d’une concertation. Notre souhait est que les élèves, et toute personne sensible au droit, puisse proposer des sujets et formuler des réponses en collaboration avec des juristes. Si vous voulez proposer un sujet, ou rejoindre notre équipe de bénévoles, n’hésitez pas à nous contacter pour en échanger.

Envoyez nous vos suggestions